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Pour l'Amour de Dieu et n'en déplaise à tous les autres (Yamin Makri)

Par Asma E-slamshop, à 08h39 dans Société | 1 commentaire
Il y a maintenant un peu plus d’un mois nous recevions un email qui a marqué toute l’équipe E-slamshop. Touchés par le style et le sens de ce texte, nous avons choisi de le partager sur notre blog ! Attention c'est du lourd !
Vouloir faire la critique du capitalisme sans parler du fétichisme de la marchandise, c’est à peu près la même chose que vouloir faire la critique d'une religion sans parler de Dieu.

La critique du système capitaliste basée sur nos références islamiques doit d'abord être une critique spirituelle car ce système se base sur une croyance et sur le culte d'un faux-dieu.

Toute société fonctionne selon des normes et des croyances qui font sens. On a cru que nos sociétés modernes, libérées des religions, feraient exceptions. C'est un mensonge. Car au-delà des systèmes religieux, l'homme à besoin de croire, c'est intrinsèque à l'être humain.

Dans les sociétés féodales, on manipulait et on exploitait la naïveté et cette piété des populations en leur prêchant la soumission et la promesse céleste d'un au-delà meilleur tout au bénéfice (très terrestre) des élites de l'époque, le clergé et la noblesse.

Par la suite, la grande supercherie des philosophes des Lumières a été de faire croire que l'Homme "libéré" pouvait échapper à sa condition d'"adorateurs". Or si l'Homme a effectivement une liberté dans le choix de son culte, il lui est impossible de vivre sans adorer. Comme il lui est impossible de vivre sans dormir ou sans se nourrir.

Toute la notion du Tawhid (unicité) en Islam est d'orienter ce besoin incontournable vers l'adoration exclusive du Très-Haut car c'est la seule adoration qui permet l'émancipation et la libération de l'homme.

Dès que l'homme, dans sa prétention à se suffire à lui-même, se détourne du Très-Miséricordieux, il se met fatalement à adorer d'autres idoles et il retombe dans l'exploitation et l'avilissement de sa condition.

Dans nos sociétés modernes, notre système capitaliste n'est pas qu'un système économique comme on voudrait nous le faire croire. C'est une vision de la vie, une organisation sociale, basée sur un système de croyance, un "dîn" (mot coranique mal traduit par "religion") sur lesquels se fondent effectivement un système économique.

Quand on dit aujourd'hui que "l'économique prend le dessus sur tout (le social, le politique...)", cela dénote simplement le fait que ce système totalitaire (dans le sens où il englobe et contrôle toutes les aspects de notre vie) ne sent même plus la nécessité d'avancer masqué.

Aujourd'hui ce qui domine le monde, c'est le dieu-profit. Certes, la recherche du profit à toujours fait partie de l'humain mais ce qui est nouveau aujourd'hui c'est qu'elle est devenue la valeur centrale qui est entrain d'exclure toutes les autres. Rien, aucun système de valeur ne vient mettre une limite à cette recherche frénétique du profit. Nous vivons la suprématie totale et mondialisée de cette idéologie.

Le but unique de nos sociétés contemporaines est l'accroissement du profit, il faut donc continuellement produire plus de biens pour générer toujours plus de profits. Ce qui fait sens dans nos sociétés, ce n'est plus Dieu, ce n'est même pas l'Homme (comme le prétendent nos chers républicains, laïques et autres humanistes), ce n'est que le profit.
Le profit pour le profit.

Pour que ce processus de création de plus-value fonctionne à temps plein, nos sociétés modernes ont sacralisées le "travail" et la "consommation". Toutes nos relations sociales, toute notre éducation, toutes nos institutions politiques tournent autour de l'impératif du "travail" et de l'"accroissement de la consommation". Nous vivons dans la "société du travail", la "société de la consommation" pour la gloire et la suprématie de la Sainte-machine à valoriser le Capital.
Comme à l'époque féodale, on exploite la crédulité des peuples qui continuent à subir et les nouvelles élites profitent sans aucun scrupule. Avant on travaillait et on consommait selon nos besoins réelles. Aujourd'hui on s'échine au travail... que pour préserver son emploi. Et on surconsomme... seulement pour se soumettre aux modes et "être comme les autres".

On ne travaille plus pour vivre, on vie pour le travail. On ne consomme pas pour répondre à ses besoins, on crée de nouveaux besoins pour "encourager" la consommation.
L'essentiel est de travailler, de consommer pour nourrir "la bête", cette machine à produire le profit. Le pire c'est que cette aliénation est perçue comme un privilège à protéger car, tous, nous redoutons de devenir les excommuniés de la société du travail et de la consommation, ces exclus du Nord et du Sud, ces déchets que le système ne considère même plus comme des humains.

On nous fait adorer les choses (voitures, maison, PC, téléphones...) pour justifier le fait que nous passions nos journées à les fabriquer et nos week-ends et nos soirées à les consommer. Toutes nos relations sociales sont dénaturées et tournent autour de ces relations marchandes, d'achat et de production. Nous devenons nous-mêmes une marchandise (qui vend sa force de travail) au service de ce système.

C'est cela le fétichisme de la marchandise, c'est quand les "choses" deviennent le centre de notre vie... à la place de Dieu. C'est une véritable adoration, une religion qui avance masquée et qui impose ses normes, pour satisfaire ce seul dieu qui fait sens chez nos élites économiques et politiques : la recherche permanente de toujours plus de profit.
Si l'Islam fait débat aujourd'hui, si on multiplie les attaques contre cette foi, si on prend plaisir à s'attaquer au Prophète (paix et bénédiction sur lui ainsi que sur sa famille), c'est que l'Islam est certainement le seul système de vie (dîn) qui de manière plus ou moins consciente s'oppose frontalement à cette nouvelle adoration.

Car jamais nous nous soumettrons à un système qui place la recherche du profit au-dessus de l'éthique, jamais nous nous accepterons un modèle de société qui soumet l'homme aux impératifs sans limite de la rentabilité et jamais nous nous détournerons de l'adoration du Très-Haut pour celle des choses.

L'islam englobe et refusera de se faire englober, l'Islam intègre et refusera de se faire intégrer car l'Islam cadre, limite et oriente tout notre quotidien vers un seul but : l'adoration exclusive du Dieu unique, du Très-Clément, du Très-Miséricordieux.

C'est cela notre résistance. N'en déplaise à tous nos détracteurs et pour l'Amour de Dieu.

Yamin Makri

Source :http://globislam.over-blog.com/article-pour-l-amour-de-dieu-et-n-en-deplaise-a-tous-les-autres-110264521.html
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Commentaires

1. Par el bibiche, le 05 fév 2013 à 21h38
el bibiche

salam alaikoum...ma cha allah c'est une beau message est plein de sagesse et d'une vérité terrifante!!!
le souci c'est que nous sommes pris dans ce tourbillon, dans cette course à la consomation pour la consomation Sans aucune nécéssité ... Si ce n'est rentré dans le moule et avoir ce que son voisin a... qu'Allah nous prenne dans sa miséricorde!
Certes nous avons des examens de conscience parfois, des acces de lucidité , des moments où l'on s'arrête de courir et on se demande pourquoi cette course et quelle est la finalité? Puis on se lamente sur notre sort et sur notre esprit tortueux, on prie allah de nous sauver on jure de ne plus se laisser berner puis on se relève et on reprend cette course effrénée... Seul quelque béni de dieu en sont épargné... La seule chose qui peut nous aider le rappel... Le dikr est une nécéssité, c'est la seule issue de secours.. Et le dikr passe par la méditation et la lecture... Un livre que l'on devrait constemment relire c'est la vie des compagnns et des prédécesseurs ( les salafes) ma cha llah une grande leçon de vie... En terminant le livre j'ai eu une révélation: je ne veux plu acheter de maisons car on va mourir, je ne veux pas épargner car on va mourir et je veux et je dois me consacrer unniquement à préparer ma mort ....

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