Non, Gilles Kepel “Les Algériens n’ont pas fait la guerre pour ne plus être français” (par Jean-Luc karleskind)


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Non, Gilles Kepel “Les Algériens n’ont pas fait la guerre pour ne plus être français” ( par Jean-Luc Karleskind)

Par Asma E-slamshop, à 09h26 dans Société | 3 commentaires
J’ai été choqué d’entendre Gilles Kepel dire “Les Algériens ont fait la guerre pour ne plus être français” C’était lors de l’émission de la radio France Culture “Du grain à moudre” qui eut lieu jeudi 8 mars. Venant d’un des rares "intellectuels" français arabophones, cette affirmation me semble illustrer la dérive dans laquelle se laisse entraîner le pays qui proclama en août 1789 “Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.” (art. 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen).
 Il me semble en effet que les Algériens ont mené une guerre d’indépendance pour ne plus être des citoyens de seconde zone dans leur propre pays. M. Kepel ne peut ignorer qu’au temps de la colonisation française, l'inégalité entre Européens d’Algérie et Algériens était institutionnalisée en matière d’impôts, de justice pénale, d’accès à la fonction publique et d’accès à l’enseignement. C’est donc pour ne plus être colonisés par la France que les Algériens ont fait la guerre. Ne l’auraient-ils pas faite de la même manière si le colonisateur avait été britannique ou allemand?
On sait qu’à tort ou à raison, la guerre d’Algérie reste vécue par une partie de l’opinion française comme un traumatisme, une défaite et un rejet de la France. Que M. Kepel, sans doute inconsciemment, pense ainsi m’attriste. Le Front National en fait son fonds de commerce avec l’écho que l’on sait. Beaucoup de malentendus liés à l’islam et aux musulmans viennent de cette blessure mal guérie. Les archives du conflit ne sont pas entièrement accessibles en France et pas du tout en Algérie.
Natif des bords de la Sarre en Lorraine, pendant les premières années de ma vie, j’ai parlé le dialecte germanophone pratiqué en Moselle du Sud. Ensuite, à l’école, j’ai embrassé pleinement l’identité française. J’aime la France. Celle de François 1er, ami de Leonard de Vinci et celle d’Henri IV promulguant l’Edit de Nantes et mettant fin aux guerres de religion. J’aime le pays de Voltaire, de Rousseau, de Beaumarchais, d’Hugo, de Zola, de Jaurès et d’Hessel. J’aime mon pays quand il promeut les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Je n’aime pas la France de Louis XIV révoquant l’Edit de Nantes, celle de la Terreur, celle de Napoléon semant la mort et la destruction, celle de la Restauration, de la la colonisation, du nationalisme menant à la guerre de 14, celle de l’Etat Français de Vichy, celle de l’OAS et celle de Sarkozy. Je l’assume aussi car c’est le pendant de l’autre, celle que j’aime.

Or, je vois avec tristesse que, comme dans les années trente, la France en crise retourne aux vieux démons du repli sur soi et du rejet de l’autre.


Il serait sans doute utile de rappeler à tous, inclus les musulmans, que la valeur d’égalité entre les hommes est une valeur islamique.
Le prophète de l’islam (saw) l’a résumée dans la formule “Les gens sont égaux comme les dents d’un peigne”.
Il a aussi exprimé la valeur d’égalité par le Hadith célèbre: “Vous venez tous d’Adam et Adam n’est que poussière. Un arabe n’a aucun mérite sur un non-arabe, ni un homme blanc sur un homme noir, ni un homme noir sur un homme sur un homme rouge, autre que par la piété. Le plus méritant auprès de Dieu est le plus pieux.”
Autrement dit, ce qui compte, ce sont nos actes, ce que nous faisons tous les jours. Les victoires comme les défaites passées constituent notre histoire mais ne préjugent ni de nos mérites, ni de nos faiblesses actuels. Etre musulman ou algérien ou français ne confère pas de mérite en soi. Vivre les valeurs de haute spiritualité, de courage et de patience de l’Emir Abdelkader me semble tellement plus méritoire et noble que de siffler la Marseillaise dans un stade. C’est aussi beaucoup, beaucoup moins facile.
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Commentaires

1. Par l'équipe d'e-slamshop, le 28 mars 2012 à 10h08
l'équipe d'e-slamshop

Salam,
Nous avons trouvé ce texte vibrant, c'est pour cela que nous avons choisi de l'éditer sur notre blog...Effectivement, autant nous n'aimons pas la France quand elle débat de son "identité nationale", quand elle délaisse ses SDF, quand elle parque dans des lieux de bannissement des populations pas assez "française", quand la justice sociale n'est plus une priorité et.. et..... et quand nous ne pourrons pas avoir le bonheur de partager le sourire de Mahmoud Al-Masri "en vrai" en Avril prochain.
Par contre, nous aimons la France qui nous a aussi appris à faire la part des choses, nous aimons la France qui nous permet de critiquer pour avancer, nous aimons la France, assez pour l'enrichir de nos valeurs musulmanes d'amour, de paix et de justice !
Barrak Allah oufik Jean-Luc !!

Khir in cha Allah
(spéciale dédicace au CCIF)

2. Par abcd, le 30 mars 2012 à 15h31
abcd

Le fait de dire "nous aimons la france" c'est faire du polythéisme et de l'idolâtrie.

Vous ne pouvez pas dire j'aime pas telle forme d'idolâtrie mais j'aime telle autre forme.

Si vous voulez parler des aspects des côtés positifs du fascisme regardé du côté allemand.

3. Par j. g., le 25 nov 2012 à 10h42
j. g.

très bel article merci je partage sur Facebook !

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